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Haies, fossés, rochers, brume de mer, lichens recouvrant les pierres… La poésie d'Herve Bihan est une fenêtre grande ouverte sur le pays qu'il aime ; elle est imprégnée de pluie, rythmée par des stridulations d'insectes et bercée par les vagues. Sous sa plume, les éléments deviennent des métaphores, des symboles du temps qui passe, de la mémoire qui s'efface et de notre langue muselée.
Voilà qui donne le ton de ce recueil : une mélancolie douce-amère devant la disparition des choses aimées. Des cris de rages, des rires, des éclats de voix jetés pêle-mêle, viennent parfois déchirer le rythme court et pudique de ces vers.
Pourtant, l'espoir se fait jour, fût-ce dans l'élégie, fût-ce à bas bruit. Car l'auteur connaît le pouvoir tranquille des mots ; il sait que la poésie est une arme. Dans l'obscurité, le poète devient un guetteur, un moine solitaire occupé à déchiffrer nos trésors cachés, un prophète attendant que vienne la neuvième vague. Et chacun de ses mots prend le goût de la victoire.
À la fin de ce recueil, on trouvera quatre chroniques se rapportant à la poésie, où il est question de Nolwenn Korbell, des Doors, du Cantique des Cantiques et de la culture berbère.
Professeur émérite à l'université de Rennes, Herve Bihan s'est spécialisé dans l'étude linguistique et littéraire du moyen-breton. Il écrit des nouvelles dont il a fait paraître un recueil, Traoù Kouer, en 2011. Ses écrits littéraires sont publiés régulièrement dans les revues Al Liamm et Al Lanv. Dans ce premier recueil de poèmes, il fait entendre une voix plus intime, quoique toujours animée par un esprit de résistance et de combat.
Fiche technique